Conférence débat: DIABITAL Association défend la radio Africaine

DIABITAL Association DSNB Paris News
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DIABITAL Association, une ONG basée en France pour la défense des intérêts de la presse africaine organise le 25 janvier 2020 à la Villette de Paris une conférence débat autour du thème, « Quel avenir pour la radio africaine face à l’influence de la presse internationale ». L’évènement à lieu sur le site du Salon de la Radio et de l’Audio digital 2020 qui est prête d’ailleurs son cadre à ce cadre d’échange entre professionnels et investisseurs dans le domaine de la presse. Sont attendues à cette occasion, Rfi, Franvce 24, Africa Radio, BBC News et VOA TV5 Afrique et une panoplie de journaliste africains pour poser le cas de la radio en Afrique.

L’idée par d’un constat.

Les médias internationaux sont devenus si familiers au public africain que leur réception sur le continent semble se banaliser. Si leurs apports en matière d’informations, de pluralisme et de liberté de choix sont reconnus, elles sont également accusées d’être des vecteurs de propagande, d’aliénation culturelle des auditeurs et de déstabilisation des régimes africains. Les velléités de domination politique et économique des pays diffuseurs sont avec récurrence mises en cause, de même que sont critiqués la fascination, voire le culte des produits étrangers auxquels succomberaient les auditeurs africains qui seraient ainsi des victimes.

La Radio En Afrique

Il est assez facile de remarquer que dans le Tier Monde, les pays les plus pauvres en moyen de communication de masse se trouvent en Afrique subsaharienne. Si Internet, la Presse, la télévision partie du quotidien des villes, la radio est la vedette des médias qui pénètrent plus dans les villages de la brousse depuis les indépendances. L’on trouverait difficilement meilleur public de la radio que le public africain des villages : attentif, faisant toute confiance à la parole radiodiffusée, et, l’expérience le montre, prêt à coopérer avec les réalisateurs des programmes. Dans les années 60 des sondages révélaient qu’un poste radio dans un village comptait dix à vingt auditeurs. Le fait de la radio – contact direct – même illusoire qu’il soit s’intègre à la civilisation orale africaine ainsi qu’aux modes de vie plus ou moins communautaires des villages.

Et cet accent d’impérialisme

Des griefs d’impérialisme et de recolonisation ont aussi été formulés à l’encontre des radios internationales, notamment à l’occasion de l’implantation de stations en modulation de fréquence par Radio France internationale (RFI) dans les capitales africaines à partir de 1991. Les milieux politiques, intellectuels et médiatiques ont alors dénoncé « le vampirisme et la prédation de RFI », de même que « l’entorse à la concurrence et la discrimination » à l’égard des radios privées africaines (à l’époque non autorisées). Un journaliste sénégalais, Jean Meissa Diop, ira, en 1994, jusqu’à qualifier ; dans le journal dakarois Wal Fadjri L’aurore, les FM de RFI de « nouveaux comptoirs audiovisuels de la France dans ses anciennes colonies ». RFI étant reçue, précise ce même journaliste, « exactement comme il y a deux voire trois siècles, quand les indigènes africains accueillaient à bras ouverts, et avec en prime le sourire « banania », des hôtes qui allaient se transformer en maîtres.

C’est à ce moment que Rfi, BBC, VOA ont réussi progressivement à s’imposer en vedettes dans ces milieux africains au détriment des chaînes nationales voire locales.  L’on peut donc formuler le problème en ces termes : quelle est au juste l’influence de ces radios internationales sur les cultures traditionnelles particularistes de l’Afrique ?  Et plus précisément : l’écoute de la radio accélèrera- t-elle la dissolution des cultures traditionnelles déjà fortement atteintes, ou bien tout en offrant une ouverture sur le monde moderne, permettra- t-elle aux habitants de prendre une conscience nouvelle de leur propre culture ?  Quelle est par conséquent l’avenir réservé à la radio africaine qui déjà ne tient pas le combat des moyens financiers ni matériels face aux chaines étrangères ?

 

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