Cameroun :doit-on se tuer à cause de la langue ?

DSNB Africa
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Que veut dire Anglophone ? Que veut dire Francophone ? Qui est anglophone ? Qui est francophone ? Apporter de bonnes réponses à ces questions apparemment simples n’est pas aussi facile que l’on croit dans un contexte de melting-pot dans lequel vivent les Camerounais.

Si les contradictions de l’histoire ont voulu que dans la mouvance de la première guerre mondiale, les Camerounais des deux rives du fleuve Moungo se retrouvent respectivement dans un territoire sous administration britannique et sous administration française, l’on peut se demander ce qui les différencie fondamentalement au point qu’une poignée d’entre eux, décide de prendre des armes, mettant le pays à feu et à sang. Est-ce parce que certaines parlent couramment l’anglais et les autres s’expriment mieux en français qu’on en arrive à une situation de guerre ?

Certes, cette sale guerre n’oppose pas directement les Camerounais d’expression francophone aux Camerounais d’expression anglophone, des conséquences humaines, économiques, sociales et culturelles du fait de la différence de langues, étrangères de surcroît, sont en train de détruire ce que nos aïeux ont construit depuis des centaines d’années. Des frustrations, il y en a certainement. Sauf qu’elles touchent tous les Camerounais, indépendamment des appartenances religieuses, sociologiques ou linguistiques.

En réalité, il n’y a pas d’autre solution que d’arrêter cette guerre insensée qui a déjà fait trop de morts et qui fait en sorte que des compatriotes vivant dans les régions du Nord-ouest et du Sud vivent un martyr depuis bientôt trois ans. Des citoyens pris entre le fer et l’enclume, tant il est parfois difficile de savoir à qui finalement faire confiance. Les Forces de défense et de sécurité nationales (FDS) essaient de remplir leur mission avec professionnalisme en assurant la sécurité des hommes et de leurs biens ainsi que l’intégralité territoriale du pays.

Un travail difficile, quand on a en face, quelques personnes manipulées, déclarant lutter pour «l’indépendance» de leur territoire, font usage des armes pour finalement racketter des citoyens à travers les prises d’otages devenus leur principal mode opératoire. Une situation regrettable qui empêche le pays de se concentrer sur ce qui devrait être l’essentiel, la lutte contre le sous-développement. L’objectif étant de parvenir à une économie émergente au cours des prochaines années. Cette fausse guerre a déjà fait trop de mal au Cameroun et aux Camerounais. Parce qu’il s’agit des frères qui s’entretuent inutilement, le dialogue et la concertation doivent prévaloir. Il n’y a aucun trophée qu’on gagne lorsque des frères s’entretuent.

Vivement que la célébration, le 20 mai prochain, du 47è anniversaire de la Fête Nationale de l’Unité et celle de la Réunification des deux Cameroun, le 1er octobre, permettent aux uns et aux autres d’en prendre définitivement conscience, que ce vivre-ensemble fait partie du substrat des Camerounais. Ceux qui ont la responsabilité historique d’assurer l’unité et l’intégrité territoriale doivent faire tout ce qu’il faut pour un retour à la paix et à la sérénité.

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