«J’ai besoin de repos» : Tuchel, symbole d’une soirée cauchemar

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Le technicien parisien, responsable comme ses joueurs de l’élimination en 8 ede finale de la Ligue des champions contre Manchester United, est apparu sonné mercredi soir.

«J’ai besoin d’un ou deux jours de repos à ne penser à rien. A ne rien faire.» Thomas Tuchel semblait à bout de souffle mercredi soir après sa conférence de presse. Dans le jeu des questions-réponses avec les journalistes, l’Allemand ne s’est pas défilé. Jamais. Tout sauf le genre de la maison. Une fois l’exercice terminé, il a profité de quelques secondes de répit pour se réhydrater, s’est levé et a quitté l’auditorium du Parc des Princes sur les coups de 0h20 en lançant un «bonne nuit» qui laissait présager de prochaines heures délicates. Pour ne pas dire interminables.

S’il serait trop facile de tirer sur le technicien allemand, après en avoir dit du bien ces dernières heures, il est tout aussi impossible de nier sa responsabilité dans la faillite du PSG mercredi soir. Les faits sont implacables. Pour sa première saison à Paris, l’ancien coach de Dortmund fera moins bien qu’Unai Emery qui avait subi la foudre du Barça et de la «remontada» il y a deux saisons, mais avait tout raflé sur le plan national. Ce qui ne sera pas le cas de «TT», éliminé à domicile avec Paris par Guingamp en demi-finale de la Coupe de la Ligue. Signe aussi qu’il y a parfois des écarts conséquents entre les résultats et la cote de popularité. Un tout autre débat.

Quand il a fait face aux médias peu avant minuit mercredi, Thomas Tuchel a diffusé plusieurs impressions. Sonné et à la limite du KO, tel un boxeur roué de coups et encore en train de retrouver ses esprits avant de s’adonner à l’exercice médiatique. Quand la question des problèmes mentaux fut posée, il eut du mal à faire preuve de clarté, embué sans doute par un flot d’émotion logique après avoir vécu la pire soirée de sa vie sportive. «Ils ont mis trois buts sans attaquer et sans avoir d’occasion. Ce n’est pas possible d’analyser.»

Certains choix de Tuchel vont faire causer

Relancé sur le penalty de Marcus Rashford, il a fait preuve de véhémence, en anglais, pour évoquer une décision injuste à ses yeux. «Je suis un grand supporter de la VAR, mais cette main n’est pas claire, je ne suis pas content», a-t-il plaidé sans trop en rajouter. La suite ? Thomas Tuchel a donné l’impression légitime d’un homme touché. Presque coulé. Et surtout désireux de rentrer chez lui. Relancé sur les raisons d’un tel fiasco, il a essayé de donner le change, avant de livrer le fond de sa pensée. En tout honnêteté. «Vous voulez savoir, mais je ne sais pas (il répète). Je ne sais pas. J’ai besoin d’un ou deux jours de repos. Je vais être à la maison, sans parler, sans penser. On doit continuer, mais pas aujourd’hui.» Un discours franc et sincère, à l’image de l’homme, jamais là pour tricher ou livrer un message sans saveur.

Pour ce qui est du terrain, sa part de responsabilité s’avère conséquente. C’est le lot cruel du métier d’entraîneur. Les questions sont nombreuses. Et méritent d’être posées. Voires débattues. La titularisation de Buffon au lieu d’Areola ? Pourquoi avoir laissé autant de temps Tilo Kherer sur le terrain ? Quid de la position ultra-avancée de Dani Alves en fin de rencontre ? Comment expliquer le manque d’impact du PSG en seconde période face à une équipe B de Man U ? Tuchel aura sans doute beaucoup à dire dans les jours à venir.

Pour ce qui est du présent et du moyen terme, son président en a déjà dit un peu plus que prévu mercredi soir. « J’ai confiance en notre coach, ce n’est pas maintenant ni après le match que l’on doit prendre des décisions, ajustait Nasser al-Khelaïfi dans les travées du Parc des Princes au sujet de son coach. On doit analyser ce qu’on a fait, ce que l’entraîneur veut. C’est très important.» Pour le principal intéressé, l’important est ailleurs. Et il concerne 24 ou 48 heures de «repos», lui le fan d’Abba et d’ACDC, plus que jamais désireux à trouver des réponses à toutes ces questions.

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