La République menacée de putsch? L’exécutif lâche le mot

DSNB Paris News
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Alors que le quatrième acte de la mobilisation des gilets jaunes doit se tenir ce samedi, et que des appels à la violence ont été lancés, l’inquiétude gagne les rangs de l’exécutif, qui dénonce des menaces à l’encontre de la République.

Face au mouvement des gilets jaunes, et l’acte 4 de la mobilisation qui se prépare pour ce week-end, la République est-elle menacée? Depuis mercredi, l’exécutif ne cache plus son inquiétude, alors qu’une nouvelle journée de mobilisation des gilets jaunes doit se tenir samedi et que certains membres du mouvement appellent clairement à commettre des violences plus intenses que le 1er décembre, voire à se rendre à l’Elysée et y « entrer ».

Mercredi soir, sur le plateau de notre émission spéciale consacrée à la crise des gilets jaunes, Eric Drouet, l’un des représentants du mouvement, a dit vouloir entrer dans l’Elysée ce samedi 8 décembre. « Samedi ce sera l’aboutissement final, samedi c’est l’Elysée. On aimerait bien aller tous à l’Elysée », avait-il déjà averti dans une vidéo publiée il y a quelques jours sur son compte Facebook.

« On est dans une tentative putschiste »

Une rhétorique putschiste, face à laquelle l’exécutif ne cherche pas à cacher sa préoccupation. Le palais présidentiel a publiquement fait part de son inquiétude mercredi, dans une déclaration au ton alarmiste adressée à l’AFP en fin de soirée.

« Nous avons des raisons de redouter une très grande violence », avance ainsi l’Elysée, qui dit craindre la mobilisation d’un « noyau dur de plusieurs milliers de personnes », qui viendraient à Paris « pour casser et pour tuer ».

« Ce sont des putschistes. On est dans une tentative putschiste », a confié une source élyséenne, citée par Le Figaro. Selon le quotidien, les services de renseignement auraient alerté l’Elysée à propos d' »appels à tuer et à se munir d’armes à feu pour s’en prendre des parlementaires, au gouvernement, à l’exécutif et aux forces de l’ordre ».

« C’est une attaque gravissime contre la République »

Un vocabulaire inquiétant, également employé par Marlène Schiappa. Invitée mercredi soir sur notre antenne pour débattre avec des gilets jaunes, la secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les hommes et les femmes a déploré des « propos inadmissibles » tenus par des membres du mouvement des gilets jaunes.

« Quand on met le feu à une préfecture, c’est la République qu’on attaque. Quand on va taguer l’Arc de Triomphe, souiller la tombe du soldat inconnu, c’est la République qu’on attaque », a martelé Marlène Schiappa.

« Quand un porte-parole des gilets jaunes dans une matinale de radio propose de virer le Premier ministre pour mettre à la place un pouvoir militaire, on propose de remplacer un pouvoir démocratiquement élu par un pouvoir militaire, c’est grave, c’est une attaque gravissime contre la République et c’est la République qui est en danger derrière ce débat », a-t-elle encore ajouté.

Une dramatisation volontaire?

Dès lors, comment interpréter cette inquiétude affichée du gouvernement? Ces déclarations complètement alarmistes arrivent après un 1er décembre marqué par des violences déjà considérées comme sans précédent à Paris et en province, mais aussi après plusieurs annonces en matière fiscale, visant – en vain – à tenter d’apaiser la crise.

« Il y a sans doute la volonté de la part de l’exécutif de dramatiser ce qui va se passer pour le délégitimer, et pour aussi dire à un certain nombre de gens qui auraient des velléités de venir à Paris: ‘Ne venez pas, ça va très mal se passer' », analyse Laurent Neumann, éditorialiste politique de BFMTV.

« Mais la vérité c’est que l’exécutif est inquiet pour de bon. Tout ce qui remonte des services de police et du renseignement territorial depuis le week-end dernier indique que ça risque d’être extrêmement violent. Le dire, c’est aussi une façon de s’en prémunir, car s’il y a des violences, s’il y a des blessés voire des morts, c’est le pouvoir exécutif qui va en assumer la responsabilité », estime-t-il.

Autrement dit, le gouvernement, faute d’avoir trouvé et proposé des solutions pour faire baisser la tension, utilise ces déclarations comme preuve qu’il aura prévenu de potentielles violences très graves. Seront-elles suivies d’effet dans la rue? Réponse samedi.

 

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